LISA SARTORIO

Les œuvres

Série L’écrit de l’histoire
Bren –Mk1, Luger, M14-Ebr
2015
116 x 92,5 cm
Impressions d’encres pigmentaires sur papier Arman Smooth Coton
Ed. 1/3
Courtesy Galerie Binôme, Paris

Depuis plusieurs années, Lisa Sartorio a mis de côté son appareil photographique. Devant le constat de la surabondance des images, elle ne voit plus la nécessité d’en produire de nouvelles. Son travail interroge le paradoxe de l’hyper-reproductibilité des images qui fait oublier le contenu et le sens de ce que l’on voit. La série L’écrit de l’Histoire est réalisée à partir de photographies d’armes de guerres récupérées sur internet, ayant joué un rôle majeur dans les conflits mondiaux. La multiplication obsessionnelle de chacune de ces armes donne forme à des simulacres de paysages. Séduisants de loin, ils révèlent de près le vertige de l’envahissement, le choc de la décrépitude des paysages ravagés par la guerre. Loin de s’arrêter à une vision féodale du territoire et de son rapport au pouvoir, L’écrit de l’Histoire s’intéresse à des compositions qui prennent forme de l’intérieur, dans le lien que chaque module d’arme construit avec sa réplique. Formes vivantes qui se déploient de manière exponentielle et paradoxale, à la fois figure d’énergie créatrice et mouvement sournois d’infiltration, elles travaillent sur une contamination physique et mentale. Elles transportent l’absurdité d’un monde qui contemple son auto-destruction. En composant à partir d’images préexistantes et partagées par tous, Lisa Sartorio s’inscrit dans le mouvement des réappropriationnistes et bouscule notre regard passif en créant des ambiguïtés de genre. À l’instar de M14-EBR, du champ de blé au champs de bataille, elle oscille entre photographie et dessin, paysage contemplé et documenté. Ces images hybrides accentuent leur pouvoir de suggestion. Elles racontent moins les conflits que notre présence au monde dans un processus de ré-éveil des esprits.

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L’artiste

D’origine italienne, Lisa Sartorio est diplômée des beaux-arts de Paris depuis 1993 et intègre en 1994 l’Institut des hautes études en arts plastiques de la Ville de Paris. Formée à la sculpture, son travail évolue ensuite vers la performance et les arts visuels. Elle a obtenu différents prix et bourses dont Aide à la création Ville de Paris, Bourse d’étude Corée du Sud, Artiste en résidence Valence Art 3, Bourse d’étude Winchester, Prix de la Fondation de l’Ensba Paris et elle est actuellement en résidence territoriale à Vitry avec le Mac/Val. Parmi ses expositions personnelles dans des musées et centres d’art : Kunsthaus de Nurëmberg, Musée des beaux-arts de Valence, Maison d’art contemporain Chailloux, Palais de Chaillot, Musée d’Art Moderne/Palais de Tokyo, 19 CRAC de Montbéliard. Artiste attachée à la scène nationale de Cavaillon de 2002 à 2008, elle a enseigné de 2007 à 2010 au Greta sur la construction et la sémiologie de l’image. En 2010, elle a participé à la Nuit Blanche Parisienne et collabore sur un projet artistique avec Arte en 2011. Son travail a aussi été présenté à la FIAC, Slick Art fair et Art Paris. Sa création de projets vidéos est aussi impulsée par une association avec La Maison du Geste et de l’Image depuis plusieurs années. Ses oeuvres sont présentes dans plusieurs collections publiques : Musée des Beaux-arts de Valence, Musée des Beaux-arts de Paris, Arthothèque de Lyon et BNF. En 2015, elle présente l’exposition monographique “Il était (X) fois” à la Galerie Binôme et participe à l’exposition collective “Créer c’est résister” à la Bibliothèque de Lyon dans le cadre de Résonance, Biennale de Lyon 2015, accompagnée par une conférence dirigée par Michel Poivert. Acquisitions 2015 : BNF, Artothèque de Lyon, Collection Marcel Burg (Strasbourg), Collection Jacques et Evelyne Deret (Paris), Collection Laurent Savard (Lausanne). En 2016, elle participe à l’exposition collective À dessein avec sa série Dessin d’un tirage, présentée à Art Paris Art Fair et à la Galerie Binôme. Elle a récemment tenue une conférence sur son travail à la Maison européenne de la photographie.

(François Lozet, 2015)

Lisa Sartorio fait partie de ces artistes qui s’intéressent à la photographie en posant un regard critique sur la présence massive des images et leur disponibilité absolue dans la culture visuelle d’aujourd’hui. Internet, les réseaux sociaux et la vidéo surveillance participent à de nouveaux processus de création qui témoignent de la nouvelle transformation de l’image. Lisa Sartorio s’en empare en créant des expériences visuelles perturbant le rapport de l’image à son omniprésente apparence. Interrogeant la visibilité du réel et ce qui se construit à la fois dans son apparition.